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De Fos à Toulon, des millions de tonnes de "boues rouges"

PACA - Société mercredi 15 octobre 2014

Les fonds marins de notre littoral ne font guère rêver. Mardi la Prud'homie de Sanary avait convié le géographe Olivier Dubuquoy, Gérard Rivoire (océanographe en retraite) et Yves Lancelot, océanographe, ex-directeur de recherche au CNRS. L'objet de cette réunion bourétait d'informer les pêcheurs sur les désormais tristement célèbres "boues rouges" déversées par l'entreprise Altea de Gardanne (ex Pechiney) au coeur du récent Parc National des calanques Cassis.  Des résidus industriels issus de la fabrication d'alumine, chargés en métaux lourds toxiques, qui arrosent le secteur depuis les années 60, et qui polluent le milieu marin de Fos à Toulon. Cette réunion se déroula en présence de l'élu sanaryen Patrice Esquoy, du maître de port Jena-Michel Preynat, de l'élue Fabiola Casagrande ou de la suppléante de Jean-Sébastien Vialatte Hélène Rigal. De nombreux représentants des prud'homies étaient présents. Olivier Dubuquoy fit l'historique d'un demi-siècle de désinformation, où les différents repreneurs de cette entreprise parvinrent à minimiser l'impact de ces rejets à moins de 320 mètres de fonds dans les eaux de Cassis. Plus de 200 études produites par le conseil scientifique de la firme eurent visiblement raison du peu d'études critiques sur l'impact de ces rejets sur la faune et la flore marine. Les lobbies ont fonctionné à plein régime et au moins jusqu'à la fin 2015, ces boues rouges pourront continuer à se déverser dans le canyon de Cassidaigne, alors qu'en parallèle les pêcheurs ont vu réduire leur zone de pêche sous prétexte de préserver le milieu marin. Dans l'assistance, on pouvait entendre penser les pêcheurs, "mais de qui se moque-t-on". Difficile effectivement de rivaliser avec Altea qui a déversé à minima plus de 32 millions de boues rouges. Et les campagnes successives parlant d'objets inertes suffiront à masquer une réalité, à savoir la toxicité de ces rejets comme l'expliquait Yves Lancelot. Olivier Dubuquoy fit remarquer que les ministres successifs à l'environemment ne parvinent jamais à stopper ces rejets. La pollution ne se limite d'ailleurs pas au milieu marin, et a son application en milieu terrestre sur des zones de stockages entièrement déboisées pour ces "sompteuses" boues rouges. Un portrait sans consession fût ainsi dressé du milieu marin de cette large zone, sachant que l'arrêt des rejets ne serait pas non plus sans effet sur l'environnement.

D.D

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